sans filet 111

plus un souffle

plus une âme

ne respire

là soudain

la vitesse

faux ce tout fausse tout

silhouettes

les corps traits

de la nuit

la lumière

plus un souffle

la fureur

même rien

alors quoi

qui n’est pas

qui n’est plus

le chemin

ce qui est

ce qui est

ce qui est

est demeure
précaire
sur l’abîme

hors le rien

sans pourquoi.


sans filet 110

là dans

le bleu

là danse

la nuit

trop claire

alors                                                                                                   quoi

d’un filet                                                                                        de fumée

la volute

seul le pas                                                                                       sur le vide

qui reprend

le chemin

l’incertain.


sans filet 109

riens

bien trop clairs

toute lumière vide

bleue

l’évidence

d’avant-jour la palette

chaque crue estompe les rives

où déposent les heures.


sans filet 108

passe le chemin loin

au bas de l’abrupt

droit dans la pierre

l’arène des sables

on y voit même quelques feux brûler

– mais pour qui ces fumées

ne te retourne pas

s’il le faut regarde le vide

cherche à  rejoindre ce qui là

désert

semble s’éloigner du lieu mort

à l’approche des nuages peut être

perle un éclair noir sous la grêle froide.


sans filet 107

plus ample cœur creux obscur

laisse longue

la  m é m o  i r e

flux reflux

dans le loin

où le proche

chose corps

une rive

– quoi? — demeure passage

peu visible

ouvert d’ici seul sol

l’aube exhale la brume

– le silence respire.


sans filet 106

flaque brève

sans reflet

l’eau éteinte

miroir d’elle

que serait

la surface

celle que

le vent ride et anime

pour un rien

jetée contre la grisaille des jours

même là – sur ce plomb

la lumière

l’ondée mouvante brille et veille ce qui va

et le souffle

plus loin dans le proche toujours.


sans filet 105

un point de jour

dans les rues

le vent froid

bleu d’hiver

à couper

par  le souffle

les nuages

le pas là qui s’éloigne sans

étranger de toujours.


II.16 concaténation I.36/37/38

L’aube

la voix grise

perlent

et s’éloignent

sans

cesse

devenir

rêve

quel toucher

fin

la main l’équilibre.

pas de terre
ni de terme

et pas  une langue
ni même une rive

peut-être seules
des pierres blanches

roulées par quel fleuve
au long de quel pas

crayonnées ici
avec leurs gerçures

les traces  a-sèmes.

aucune larme

crue le nocturne

décrue diurne

où le point pivot
inverse l’absence

les vents se spiralent
dans un cœur d’hiver

sans feu ni lieu
des ombres passent

l’instant tournoie
il n’y a pas

d’évidence simple

les planches de vivre grincent disjointes.


sans filet 104

dans la perspective

trope toute absence

et vers soi le noir

le retour toujours

de ce qui défait

cherche de l’ouvert
la forme impérieuse
qu’on n’arrête pas

un centre obscur en soi                                                                   cataracte le gouffre

une forme le vide
dont est toute poussière.


II.15, concaténation-enchainement I.6 / I.3

Que seule

échos
les voiles et les voix

la brise

les rives et les terres
les branches les poussières

emporte

les sillons les gels
les feux brefs du verre

à quel large

les vieux bois flottés
les cristaux le  sel

l’ intensité

falaises tout ce pourquoi

l’inaudible

se résout l’intervalle

sans disparaître

à chaque pas risqué

à son vertige

– m ê m e –

flux

sans fin

reflux

la voix

passe

vive

blanche

minérale et vivante

– a u t r e –

la forme du monde
l’aile accordée aux vents
même brèves
sont du Nombre mémoire

elles les nocturnes
elles les trop claires.


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