Archives de la Catégorie parcelles

sans filet 168

il faudrait au rêve

la nuit dénouée

de toute une intensité liée toute

sans même une étoile

à venir trembler aux reflets

flue à se rejoindre

une eau pauvre proche le fleuve

la source et la rive

trace l’immense en cercles concentriques

on en voit aussi

la chute une à une de pierres blanches
tomber une à une les pierres blanches

la stèle effacée

d’où enfin partir

et le pas plus libre

sur vers le sol absent.


sans filet 167

éclat de peu l’aube

l’étale trop claire
c’est un peu du temps

précipice et  goutte

sa trame trop calme
ne peut rien défaire

frêle sur les eaux

de chacun des cercles
où cela respire

la nuit impassible.


éclats

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sans filet 158

la mémoire incendie

des parcelles perdues

une voix te disait
dans sa langue sans âge

– “vois comme le ciel se ferme”

dans la lumière étale

un feuillage de vent
et la pluie de l’averse

ici au vieux verger

le jour ne se tient pas
de n’être que lui-même

le tourbillon se lasse

– “il n’y a plus rien à faire”

les arbres sont trempés
il va falloir rentrer

le feu ne peut pas pourra reprendre

on tisonne les cendres.


sans filet 148

 la voix se détache

des routes nocturnes
le silence va
sans un geste écrire
aussi quelle image

instaure les flots

revient dans cet arbre
aux branches taillées
à vif et mouvant
entre ombre et lumière

 laisse toute rive

l’entaille du rêve
l’eau pâle des jours
la barque éphémère
vacille et traverse

sans se retourner.


sans filet 147

la forme du jour

d’ici l’apparence
évide le sol
colonne et poussière
un peu d’air chaud vibre

déjà dans cette aube

trop d’images trop
de bruits corrodés
hérissent les voix
de tout un faux jour

avance déprise

la trope du songe
cadence la perte
les terres sont vaines

mais l’eau sous les arbres

qu’éclairent les mots
au creux de l’averse
l’herbe folle brille

caresse les pierres.


sans filet 145

cela dans l’écoute

la forme des pas
l’écho de ces voix
repartent dès l’aube

et l’heure tremblée

à l’ombre du jour
un voile nocturne
élague la voix

vibre à l’intervalle

qui n’est déjà plus
la voûte d’hier
cette arche effondrée

la route est déserte.


sans filet 140

XII.

la nuit une tremble

firmaments les feuillages
vont ouvrir le vent même
[peut-être] plus loin  affleurera   [en sortiraont
“de confuses paroles”

à n’entendre plus rien
par où se finit la terre
la fin de toute forme
est ce qui fait l’ici

déclinaison d’astres.


parcelle 35 / Feuillet 2

-I-

J’écoute le mot nuit
une lampe s’allume
j’écoute le mot jour
il ouvre la demeure

elle offre le silence

je vois le feu ténu
il anime chaque être
je vois la source claire
qui apaise la soif

elle écrit tout le simple

j’entends que dans mes ombres
les souffles peuvent vivre
j’entends que la lumière
libère qui respire

elle élève le chant

 je dis que les mots sont
musique autre et parole
je dis que l’incertain
laisse vibrer la voix

elle accroît le choeur vrai.

-II-

Je sens que la rosée
émerveille les aubes

le chemin que je crée
traverse les déserts
la trace qui s’efface                                [le voile des buées
retrouve l’océan

 je ne suis que la forme
le mouvant l’émotion

ma main est l’interprète
l’instrument et l’archet
sur la toile du monde
je cherche la couleur

je n’ai pas de visage
soit le nombre mon nom

mon pas aime le proche
l’aile danse légère
l’origine eau lointaine
mesure le connaître

je sais des horizons
les courbes infinies

je sais qu’à l’horizon
se penche l’Infini.


parcelle 34 [Hortus conclusus I]

derrière la porte
close qui s’ouvre
s’élève le lieu

saxifrage

des mains inconnues
veillent les plantes
que la langue nomme

absinthe

le ciel tombe au puits
son reflet songe
penché sur les ombres

héllébore

et sont quatre fleuves
que des graviers
dessinent absents

myrte ou ciguë

celui dont l’épée
luit d’un feu clair
demeure immobile.