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variations – 10

de la sève à  la foudre

où s’enracine la  l’arbre de toi c’est  fait
nuit autour de la roche
de toi s’ouvre le souffle

hors toute démesure

mêlé à force d’ombre
sous la hache des gels
cela de lui d’arbre vivant

le toucher des étoiles

ne risque que les vents  est le vent loin
– leurs voûtes  rives reconnaissent   dont on ne sait
vers quoi ce façonner

demeure l’impassible.


LIV – fonds noirs – interstices perdus

l’intervalle traverse s’éprouve

d’un cri
l’aile trop vive vaste
accroche approche
le feu des aubes

puis c’est
la bleuité
muette
d’après le jour

un creux
laisse la sphère
former

cela qui fut
une orbe
parmi la Nuit

au un silence infini.


fonds noirs XVIII – interstices perdus

III.

que dit sa voix ici
de ce que fut la vie
d’avant la friche sèche
à quoi tout se résout

tu ne le sauras peindre
à peine l’entrevoir
comme une soif l’été
d’errer sur la falaise

mais non ce n’est pas là
ce que ces mains avaient
à bâtir qui n’est plus

elles-mêmes ne sont
plus dans le geste sûr
de poser chaque pierre.


fonds noirs XVI – interstices perdus –

I.

dans le jour de presqu’été
tes pas traversent le faubourg

pourquoi cette figure
te poursuit-elle ainsi
qui n’est qu’une autre trope aride
à revenir même- autre

dans la ville inconnue
tu as croisé cet homme
à qui demander où aller
- tu venais de te perdre-

il te montre ses mains
calleuses de maçon
et répond d’un entre-deux langue

autre – mais te répond
seul- puis sa voix s’éraille
c’est tout un récit qui s’emballe

abrupt de la solitude
qui ouvre ici la main – vers quoi?


d’un passage XLIII

peu d’être qui soit
accordé à l’ heur
– les étoiles vont
vers l’un l’horizon un

sais-tu seulement

disparaître au rouge
– tu ne peins que noirs
ce qui n’est connaître
tu ne peux pas plus

ébaucher un cercle le vaste

tu es aveugle à
la forme-nuage
que la toile invente

et c’ c’est déjà un geste

l’intensité vraie
de toute musique
résonne éphémère

parmi l’insondable.


d’un passage XLII

la rocaille et la ronce
sur la lande déserte
quelques cendres s’envolent
de ce qui fut un feu

il est temps de quitter
ce qui n’a plus couleur
n’a plus forme ni nom  ce qui n’a plus de nom
dans aucune des langues

ne te désole pas
continue à frayer
chemins d’un pas à l’autre

vois-tu cela seul est
qui disparaît où germe
un le chardon bleu des sables.


 

 


d’un passage XLI

de revenir tu n’erres pas
la courbe de tes pas n’est plus
posée même à même le sable
chaque pierre brille diffuse

autre dans le faire du jour
serait-elle égale elle-même
les grands courants qui l’équilibrent
demeurent flux de l’éphémère

qu’elle soit ici posée blanche
ses argiles mêlées de sel
auraient pu n’avoir pas la forme

que seul un devenir nocturne
sculpte — c’est cela que ta main
recherche toute dans l’éclipse.


d’un passage XL

Rien si ce n’est un souffle

ce qui [de] vers toi oscille     [approche]
dans le creux du passage
cela ne se peut dire
ni peindre — reste à vivre

une musique pauvre   sous sa seule lumière

tu l’entends à la note
rêvée par un oiseau
blotti dans le feuillage
ou les toits du nocturne

peut-être n’est-ce qu’ombre

cela se prend aussi
aux rives de vieux fleuves
dans le clapot de l’aube

la forme du silence

puisse ton pas entrer
même toujours terrestre
à l’entier du dessin

et sa lumière noire.


d’un passage XXXIX

au plein du jour tu croises
le fer noirci au feu
et ce n’est pas hasard
s’il ouvre une trouée

au point où la lumière
tombe à l’avant des voix
toute abrupte de foudre
sens comment l’endiguer   [ la surprendre

en-deçà de l’énigme
le geste congédie
ce qui n’est son toucher

au-delà il n’est rien
tu sais que son silence
est cela qui désancre.


d’un passage XXXVIII

point aveugle le geste

à ne jamais cesser
le peindre que veux-tu
creuser au plus aveugle
cercle de l’apparence

va brûle loin

à ne jamais connaître
comment peux-tu surprendre
ici le bref silence
qui toujours suit l’averse

les formes changent

il y a à la toile
chaque ride brisée
par le vent sur les eaux

tout l’intervalle

il y a à la toile
pour être même énigme
cela qui respire entre

à quoi le reconnaître?