Archives de Catégorie: passages
d’où tu es tu ne vois plus
ni le ciel ni les astres
tu peins et troues leur trame
quelque chose d’elle perce
cela que tu ne peux voir
outrepasse le geste
mais tu ne le sais pas
il te suffit d’accomplir
ce que cherche la main
aveugle de toujours à
ce qui n’est pas plus qu’elle
mais ne pourrait être sans
autre rive l’exil la mémoire plus longue
qui d’elle s’invente terre.
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la renverse des traits s’écoule
dans la flaque — l’image
et l’ombre d’un nuage
de la lumière tremble
au passage le pas
recommence le proche.
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c’est désormais d’un faire parmi
le nocturne du monde
que ton geste s’impose
qu’importe qu’il ne soit
rien à l’orbe des soirs
rien dans l’ombre des aubes
à l’orbe des soirs rien
si ce n’est dans les sables
une eau qui s’évapore
le pas vient de paraître disparaître
aux rivages qu’il porte
une empreinte demeure
tu sais des astres morts
la renverse des souffles
fie-toi à leur silence.
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soit la lumière brûlée
que feras-tu de tes mains
une fois le terme échu
où peindre ne sera plus
foyer et preuve de vivre [foyer le probable vibrant du de vivre
pourras sauras-tu rester regard
sans la lumière les noirs
sans même le toucher u n
ni le simple creux des pas [ l’insensé que tu ressens
tu le sais bien il vaut mieux [laisse la question s’éteindre
ne pas laisser la question
envahir sans quoi serait
béant le gouffre et fatal [vaine la chute et fatale
– poursuis du très peu le feu [ plutôt du loin l’incendie [il vaut mieux que tu poursuives
vois – comme il arde tout bas [toujours[ il se consume encore et qui à jamais s’embrase
pour renaître de la cendre.
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vois- tes mains s’écorchent
elles qui savent d’avant
aller inventer la forme
qu’importe après tout
puisque ce sont elles
même blessées qui permettent
au pas de se faire aveugle
et de traverser
qu’un oiseau s’envole et chante
leur toucher miroir
lui restitue l’horizon
accepte ce qui
d’elles se perpétue ailes
noires sur fond noir.
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le temps est venu
ferme les yeux
ne regarde pas
[ce qui] cela se creuse
d’être le vertige
laisse le corps
revenir aux rythmes
seuls qui le fondent
rien trois fois rien
parmi le silence
sont les temps deux
d’où la voix s’insuffle [s'élance
cherche –sa preuve
grandit de se perdre.
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à l’aplomb des nuages
la recherche courbure du proche
tu traverses la ville
tu comprends que tu es
d’aucun d’autre passage ici
– cet exil et le vide –
te fais forme étrangère
la mémoire des rêves
remonte le silence
en cercles la parole circule [berce
concentre ses échos de n’être plus rumeur
où marches-tu au creux
de chacune des rues
les pavés se défont
sur les places désertes
d’une musique blanche
frappe au diapason la
sonorité du des pas
et son leur déséquilibre
tu t’éloignes vivant
l’horizon reste ici se dessine.
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[bientôt] du lieu tu laisseras la pluie
refaire restaurer ce qu’il manque d’aube
parmi les ombres la traverse traversées
d’on ne sait trop quel soleil noir
peut-être l’impact d’une goutte
une macule de poussière
ou encore un autre hasard ou un autre rien imprévu
feront-ils entendre le manque
paraître le navire absent [ou paraître la barque absente
qu’aucun repentir n’a jamais
pu figurer d’être existence présence
ce que tu cherches tu l’ignores
il cela se dérobe à toute la quête
autant que des jours le premier. [autant qu’au premier jour il se
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une voix chante
c’est bien là qu’il faut aller
encore peindre — toujours
dans l’aire dévastée sans
aucune ligne d’aucun
commencement l’apparence
est cette ténèbre d’être
contre quoi chaque jour tu
heurtes — aux vibrations des noirs
cela qu’on ne peut encore
ni nommer ni distinguer
engendre quelle harmonique
au cœur d’un même vertige
la main aveugle elle-même
a enraciné le geste
parmi les pierres.
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dès l’oblique du soir
la main est vide
de tout toucher
il n’y a plus
de la couleur
que des stries grises
l’averse couve
presque d’orage
le ciel est bas
tu ne sais plus
d’où inventer
une lumière
tu appareilles
comme une barque
quitte la rive
retrempe le fer rouge.
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