Archives de Catégorie: passages

d’un passage XXXVII

d’où tu es tu ne vois plus
ni le ciel ni les astres
tu peins et troues leur trame
quelque chose d’elle perce

cela que tu ne peux voir
outrepasse le geste
mais tu ne le sais pas
il te suffit d’accomplir

ce que cherche la main
aveugle de toujours à
ce qui n’est pas plus qu’elle

mais ne pourrait être sans
autre rive l’exil                   la mémoire plus longue
qui d’elle s’invente terre.


sans filet 159

la renverse des traits  s’écoule

dans la flaque  — l’image
et l’ombre d’un nuage

 

de la lumière tremble
au passage le pas

recommence le proche.


d’un passage XXXVI

c’est désormais d’un faire parmi
le nocturne du monde
que ton geste s’impose
qu’importe qu’il ne soit

rien à l’orbe des soirs
rien dans l’ombre des aubes
à l’orbe des soirs rien
si ce n’est dans les sables
une eau qui s’évapore

le pas vient de paraître  disparaître
aux rivages qu’il porte
une empreinte demeure

tu sais des astres morts
la renverse des souffles
fie-toi à leur silence.


d’un passage XXXV

soit la lumière brûlée

que feras-tu de tes mains
une fois le terme échu
où peindre ne sera plus
foyer et preuve de vivre                          [foyer le probable vibrant du  de vivre

pourras sauras-tu rester regard
sans la lumière les noirs
sans même le toucher  u n
ni le simple creux des pas                    [ l’insensé que tu ressens

tu le sais bien il vaut mieux                   [laisse la question s’éteindre
ne pas laisser la question
envahir sans quoi serait

béant le gouffre et fatal                            [vaine la chute et fatale
– poursuis du très peu le feu                       [ plutôt du loin l’incendie [il vaut mieux que tu poursuives
vois – comme il arde tout bas                  [toujours[ il se consume encore et qui à jamais s’embrase

pour renaître de la cendre.


d’un passage XXXIV

vois-  tes mains s’écorchent
elles qui savent d’avant
aller inventer la forme
qu’importe après tout

puisque ce sont elles
même blessées qui permettent
au pas de se faire aveugle
et de traverser

qu’un oiseau s’envole et chante
leur toucher miroir
lui restitue l’horizon

accepte ce qui
d’elles se perpétue ailes
noires sur fond noir.

 


d’un passage XXXIII

le temps est venu
ferme les yeux
ne regarde pas
[ce qui]  cela se creuse

d’être le vertige
laisse le corps
revenir aux rythmes
seuls qui le fondent

rien trois fois rien
parmi le silence
sont les temps deux

d’où la voix s’insuffle          [s'élance
cherche –sa preuve
grandit de se perdre.


d’un passage XXXII

à l’aplomb des nuages

la recherche courbure du proche

tu traverses la ville
tu comprends que tu es
d’aucun d’autre  passage ici
– cet exil et le vide –

te fais forme étrangère

la mémoire des rêves
remonte le silence
en cercles la parole              circule              [berce
concentre ses échos            de n’être plus rumeur

où marches-tu au creux

de chacune des rues
les pavés se défont
sur les places désertes

d’une musique blanche

frappe au diapason la
sonorité du des pas
et son leur déséquilibre

tu t’éloignes vivant

l’horizon reste ici se dessine.


d’un passage XXXI

[bientôt] du lieu tu laisseras la pluie
refaire restaurer ce qu’il manque d’aube
parmi les ombres la traverse  traversées
d’on ne sait trop quel soleil noir

peut-être l’impact d’une goutte
une macule de poussière
ou encore un autre hasard                                       ou un autre rien imprévu
feront-ils entendre le manque

paraître le navire absent                                           [ou paraître la barque absente
qu’aucun repentir n’a jamais
pu figurer  d’être existence  présence

ce que tu cherches  tu l’ignores
il cela se dérobe à toute la quête
autant que des jours le premier.                 [autant qu’au premier jour il se


d’un passage XXX

une voix chante

c’est bien là qu’il faut aller
encore peindre — toujours
dans l’aire dévastée sans
aucune ligne d’aucun

commencement l’apparence
est cette ténèbre d’être
contre quoi chaque jour tu
heurtes — aux vibrations des noirs

cela qu’on ne peut encore
ni nommer ni distinguer
engendre quelle harmonique

au cœur d’un même vertige
la main aveugle elle-même
a enraciné le geste

parmi les pierres.


d’un passage XXIX

dès l’oblique du soir

la main est vide
de tout toucher
il n’y a plus
de la couleur

que des stries grises
l’averse couve
presque d’orage
le ciel est bas

tu ne sais plus
d’où inventer
une lumière

tu appareilles
comme une barque
quitte la rive

retrempe le fer rouge.