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d’un passage XXVIII

un autre respirer

ne demande pas
ce qui du soir
agite l’ombre
brève passagère

une toile est finie

veille à le laisser
bruire tout bas
la vie estompe
bien assez tôt tout

l’atelier calme l’heure

auprès de toi sont
posés palette
les pinceaux sèchent

il va falloir partir

tu n’en as plus cure
ouvre les yeux
verse-les au noir

plus loin que tu ne sais.


sans filet 155

dans le bruit du vent
la falaise dort
un respir enroule
le lichen aux roches  

chaque pas retient
de la source claire
un reflet rythmique
puis les eaux l’emportent

où la faille vrille
la déprise seule
rappelle le corps

à ses équilibres
le souffle reprend
la cadence exacte.


sans filet 145

cela dans l’écoute

la forme des pas
l’écho de ces voix
repartent dès l’aube

et l’heure tremblée

à l’ombre du jour
un voile nocturne
élague la voix

vibre à l’intervalle

qui n’est déjà plus
la voûte d’hier
cette arche effondrée

la route est déserte.


urbanités IV [partances]

Photographie numérique 21 Mars 2012.


sans filet 139

IX.


à cette rive


musique brève

dans les gravats
gît ce qui fut
un reflet brille

on voit au fleuve
même méandres
une arche vive

d’un seul instant

tout est partance.


sans filet 138

VIII.

entre silence

un point

note claire
tenue là
sans pourquoi

d’ajour

et toute nuit


d’un passage XXVII

[ouvre] souffle l’ajour

tu erres depuis
un laps de temps si
long  silence sans
rien ni même ellipse

sans éloigner [refluer

les pas dé-mesurent
le parcours le rythme et l’espacent
chacun des auspices
peut faire défaut

ou avérer

juste au bord
du toucher
la pulpe des doigts

l’ici –  qui sait

et le grain de sable
pour seul instrument
d’avant toute pierre

la seule forme.


d’un passage XXVI

encore un aplat
de quelque couleur
cela qui se forme
va lever le voile [se refermer

tu n’es que d’oeuvrer
à cette mesure
on ne connaît pas
ce que la main risque

elle fait un lieu
de l’indéchiffrable
vois comme  déjà il t’échappe

un chant de mésange
noue dans chaque branche
l’écorce du jour.


d’un passage XXV

cette ville n’existe pas

tu sais sous le tain bleu
miroir d’un bras d’eau morte
que les boues les sanies
colmatent quels décombres

tu regardes les scènes

les sédiments pourrissent
dans les reflets du jour
- que change la lumière
et Léthé reviendra

comme elles se présentent

un homme à sa fenêtre
regarde les jardins
d’autres passent et beuglent

leur néant leur absence

on taille les vergers
tu rentres par les rues
cela a-t-il un sens

veille à n’y jamais consentir.


d’un passage XXIV

la lumière a changé
les touches obliques
que fait le pinceau
et déjà c’est d’un autre

bloc qu’arrivent les lignes
l’ellipse n’est plus
de la même veine
ton geste se suspend

d’avoir atteint touché peut-être d’un trait
au seul un dernier délié
par lequel il s’efface

son eau cristallise
de n’être plus ébauche
accepte surgie d’ici-même.

accepte ici même
de n’être plus qu’ébauche
son eau cristallise.