Archives de la Catégorie vanités

sans filet 169

de l’incertain s’avance
vanité de chaque pas

chaque joie chaque peine

brève
l’heure – de passage -
les flaques d’averse
pour seul mémorial
stèle

de bientôt effacée

au soleil une brume buée
que rien ne peut retenir.  retient.


sans filet 156

à Ch. in memoriam

mais qu’accroche ton ombre

ce visage tanné

une vague
recouvre
cette rive

sous chaque grain du sable

le verger
connaît
les deux mains

qu’enracinent les arbres

si ce n’est un regard.


sans filet 153

traverser le monde d’un trait
serait-ce au pire du vertige

 vanité de cette ombre dernière le pas

au regard
de l’atlante
l’absence

même la roche ne roule plus contrebas

la pesanteur est trop atroce
pour aller préférer la chute

dans la falaise incendiée
de grands oiseaux vont nidifier

où l’on ira errer marcher parmi les failles.


sans filet 148

 la voix se détache

des routes nocturnes
le silence va
sans un geste écrire
aussi quelle image

instaure les flots

revient dans cet arbre
aux branches taillées
à vif et mouvant
entre ombre et lumière

 laisse toute rive

l’entaille du rêve
l’eau pâle des jours
la barque éphémère
vacille et traverse

sans se retourner.


sans filet 146

de quel cristal en poussière

tombe la pierre d’écrire tombe

c’est du geste même
que fait défaut s’enroule ce
temps de à  l’origine

la lacune l’intervalle éclipse
l’ellipse le laps
crée vers quoi surgir  germer nt l’autre

par-delà toute latence

l’attente se démesure.


sans filet 142

XI.

entrent l’ombre le chant

au dessin de ces jours
une ligne vacille
à l’instant de se perdre

celle même qu’éclaire
– ou rêve rémanence –
le toucher une flamme

le silence la nuit.


sans filet 130

que l’aube soit navrante
ou le pas ébloui

on intime à la voix
d’avoir à vivre toute
la vitesse du chant
là elle tient pour quoi

la nuit tombera assez tôt
on y sera rien.


d’un passage XXI

ce à quoi ta main œuvre
n’est pas seul à fissurer
chaque jour peut te se rompre
ou venir à s’effondrer

tu rassembles mille éclats
ils peuvent mille fois
encore imploser sans un
cri — tes mains sont lacérées –

recommence cela n’est
rien qu’un miroir faux tu
dois finir tu outrepasses

cela — fracasse et tiens
la limite des images                            [l’idole
puis laisses-les aux rives.


Parcelle 19

Si ce n’est seul le passage

d’un gravier à l’autre sable
les mains ne saisissent que
formes changeantes d’instable
pour peu qu’elles ne s’enfoncent
ne divaguent au cœur  fluide
du règne éternel mouvant
passe l’une à l’autre chose

rien ne se peut retenir
[des brumes qui font le monde].


parcelle 14

Le silence le chant
et lequel préférable
par où cessent les cris

s’est brisée l’origine
dans la sphère mémoire

seuls l’attestent tessons
que les sables recouvrent
ou emmènent plus loin

n’est autre que le même
le passage le fleuve.