de l’incertain s’avance
vanité de chaque pas
chaque joie chaque peine
brève
l’heure – de passage -
les flaques d’averse
pour seul mémorial
stèle
de bientôt effacée
au soleil une brume buée
que rien ne peut retenir. retient.
de l’incertain s’avance
vanité de chaque pas
chaque joie chaque peine
brève
l’heure – de passage -
les flaques d’averse
pour seul mémorial
stèle
de bientôt effacée
au soleil une brume buée
que rien ne peut retenir. retient.
à Ch. in memoriam
mais qu’accroche ton ombre
ce visage tanné
une vague
recouvre
cette rive
sous chaque grain du sable
le verger
connaît
les deux mains
qu’enracinent les arbres
si ce n’est un regard.
traverser le monde d’un trait
serait-ce au pire du vertige
vanité de cette ombre dernière le pas
au regard
de l’atlante
l’absence
même la roche ne roule plus contrebas
la pesanteur est trop atroce
pour aller préférer la chute
dans la falaise incendiée
de grands oiseaux vont nidifier
où l’on ira errer marcher parmi les failles.
la voix se détache
des routes nocturnes
le silence va
sans un geste écrire
aussi quelle image
instaure les flots
revient dans cet arbre
aux branches taillées
à vif et mouvant
entre ombre et lumière
laisse toute rive
l’entaille du rêve
l’eau pâle des jours
la barque éphémère
vacille et traverse
sans se retourner.
de quel cristal en poussière
tombe la pierre d’écrire tombe
c’est du geste même
que fait défaut s’enroule ce
temps de à l’origine
la lacune l’intervalle éclipse
l’ellipse le laps
crée vers quoi surgir germer nt l’autre
par-delà toute latence
l’attente se démesure.
XI.
entrent l’ombre le chant
au dessin de ces jours
une ligne vacille
à l’instant de se perdre
celle même qu’éclaire
– ou rêve rémanence –
le toucher une flamme
le silence la nuit.
que l’aube soit navrante
ou le pas ébloui
on intime à la voix
d’avoir à vivre toute
la vitesse du chant
là elle tient pour quoi
la nuit tombera assez tôt
on y sera rien.
ce à quoi ta main œuvre
n’est pas seul à fissurer
chaque jour peut te se rompre
ou venir à s’effondrer
tu rassembles mille éclats
ils peuvent mille fois
encore imploser sans un
cri — tes mains sont lacérées –
recommence cela n’est
rien qu’un miroir faux tu
dois finir tu outrepasses
cela — fracasse et tiens
la limite des images [l’idole
puis laisses-les aux rives.
Si ce n’est seul le passage
d’un gravier à l’autre sable
les mains ne saisissent que
formes changeantes d’instable
pour peu qu’elles ne s’enfoncent
ne divaguent au cœur fluide
du règne éternel mouvant
passe l’une à l’autre chose
rien ne se peut retenir
[des brumes qui font le monde].
Le silence le chant
et lequel préférable
par où cessent les cris
s’est brisée l’origine
dans la sphère mémoire
seuls l’attestent tessons
que les sables recouvrent
ou emmènent plus loin
n’est autre que le même
le passage le fleuve.