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XLVI- fonds noirs – interstices perdus
tu es à la forme l’absence
c’est Nuit dans l’atelier
au fond lointain des noirs
circule la béance
ici déposée nue
au rivage des toiles
– ce que l’on ne peut faire
entre et marche l’avant
un pas ici s’efface
de l’ellipse de tout
émergent formes d’autre être
que tu n’espérais pas
peut-être sauras-tu
mais dans quel autre jour
entendre leur chant bas
il n’y a pas de rêve – un geste
déplie toute l’aube.
XLIII fonds noirs – interstices perdus.
entends encore le chant loin
et c’est vanité
que toute parole
et nul autre n’est
le geste de peindre
serait-il le noir
aveugle par quoi
voir peut enfin être
forme de béance
tu sais l’incertain
aux bords d’horizons
de dire naît l’aube
mais seule l’enfance
cueille l’herbe folle
et l’offre à la rive
dont ton pas s’éloigne déjà.
XLI fonds noirs – interstices perdus
la langue consume
l’arène des jours
qui n’a nom que sable
à quoi bon le feu
puisque rien n’endigue
cette emprise sèche
elle s’étend croule
plus amont déserte
sans jamais finir
l’aurore s’esquisse
vois – son point aveugle
passe outre le geste
même ici figé
à naître devant.
fonds noirs XVIII – interstices perdus
III.
que dit sa voix ici
de ce que fut la vie
d’avant la friche sèche
à quoi tout se résout
tu ne le sauras peindre
à peine l’entrevoir
comme une soif l’été
d’errer sur la falaise
mais non ce n’est pas là
ce que ces mains avaient
à bâtir qui n’est plus
elles-mêmes ne sont
plus dans le geste sûr
de poser chaque pierre.
d’un passage XLIII
peu d’être qui soit
accordé à l’ heur
– les étoiles vont
vers l’un l’horizon un
sais-tu seulement
disparaître au rouge
– tu ne peins que noirs
ce qui n’est connaître
tu ne peux pas plus
ébaucher un cercle le vaste
tu es aveugle à
la forme-nuage
que la toile invente
et c’ c’est déjà un geste
l’intensité vraie
de toute musique
résonne éphémère
parmi l’insondable.
d’un passage XXXVI
c’est désormais d’un faire parmi
le nocturne du monde
que ton geste s’impose
qu’importe qu’il ne soit
rien à l’orbe des soirs
rien dans l’ombre des aubes
à l’orbe des soirs rien
si ce n’est dans les sables
une eau qui s’évapore
le pas vient de paraître disparaître
aux rivages qu’il porte
une empreinte demeure
tu sais des astres morts
la renverse des souffles
fie-toi à leur silence.
d’un passage XXX
une voix chante
c’est bien là qu’il faut aller
encore peindre — toujours
dans l’aire dévastée sans
aucune ligne d’aucun
commencement l’apparence
est cette ténèbre d’être
contre quoi chaque jour tu
heurtes — aux vibrations des noirs
cela qu’on ne peut encore
ni nommer ni distinguer
engendre quelle harmonique
au cœur d’un même vertige
la main aveugle elle-même
a enraciné le geste
parmi les pierres.










