soit autre / que / le / silence
ni / rêves / ni / ombres
cela / respire / et / bat
la / nuit / toute / simple
parsème / chaque / souffle
un / jardin / désert
delà / toute / mesure
anime déborde / le / chœur.
soit autre / que / le / silence
ni / rêves / ni / ombres
cela / respire / et / bat
la / nuit / toute / simple
parsème / chaque / souffle
un / jardin / désert
delà / toute / mesure
anime déborde / le / chœur.
écoute l’aube d’errer sois silence
d’aller
par les routes
reconnaître percevoir
l’immense
qui est
tout autant
de lumière
que d’ombres
es-tu
à ce pas
cette autre
lueur
dans le chant
perdu
où cela qui approche te traverse.
que la voix soit ici son doute
sauras-tu jamais ceux
qui ici entrent
pour n’en plus revenir
mais vont pourtant
en silence
sauras-tu jamais ce
qui les éraille
de marcher à la proue
formes penchées
loin avant
ne cherche pas ce qui
fait naître sens
la main nue aux granits
écorchée
dans le vertige aux noirs
la phrase va
tomber comme une pierre
l’aile brûle où vont les étoiles.
à l’entaille d’écrire
il se peut qu’un silence
le silex
mis à nu
pierre et nuit
sans étoiles
passe toute parole
et sa musique brève.
clapot de voix
tu fais pénombre
dans l’atelier
soit le silence
où tu écoutes
l’heure étrangère
sans direction –
le dehors bruit
de petits pas
vont — quoi rejoindre
au fonds mémoire
cela jamais
n’aura d’écho
ni même chant
des mains noueuses
cela s’en va
vers le jadis
au bord d’un fleuve
meuvent des halent la barque.
Rien si ce n’est un souffle
ce qui [de] vers toi oscille [approche]
dans le creux du passage
cela ne se peut dire
ni peindre — reste à vivre
une musique pauvre sous sa seule lumière
tu l’entends à la note
rêvée par un oiseau
blotti dans le feuillage
ou les toits du nocturne
peut-être n’est-ce qu’ombre
cela se prend aussi
aux rives de vieux fleuves
dans le clapot de l’aube
la forme du silence
puisse ton pas entrer
même toujours terrestre
à l’entier du dessin
et sa lumière noire.
sans motifs
sous la main
le mot sable
et son grain
sans question
soit ce monde
ce qu’il peint
d’eau égale
ou furieuse
sur l’estran
le silence
et la main
qu’œuvre-t-elle
qui revient
et déferle
les jours morts
ou la vie
toute au simple
quelle absence.
c’est désormais d’un faire parmi
le nocturne du monde
que ton geste s’impose
qu’importe qu’il ne soit
rien à l’orbe des soirs
rien dans l’ombre des aubes
à l’orbe des soirs rien
si ce n’est dans les sables
une eau qui s’évapore
le pas vient de paraître disparaître
aux rivages qu’il porte
une empreinte demeure
tu sais des astres morts
la renverse des souffles
fie-toi à leur silence.
le temps est venu
ferme les yeux
ne regarde pas
[ce qui] cela se creuse
d’être le vertige
laisse le corps
revenir aux rythmes
seuls qui le fondent
rien trois fois rien
parmi le silence
sont les temps deux
d’où la voix s’insuffle [s'élance
cherche –sa preuve
grandit de se perdre.
Soir
sans
gris
vide
aux fenêtres s’allument des lampes
sans pourquoi
ni personne
sur le seuil se tient
un manteau de nuit
une flamme
veille vive [tremble nue
intérieure
pas même le vent
et la soif et la faim entières
le silence un pas
cela qui prends corps
un pas
en vain
par où reprend vivre
intact de très peu
pour rien
se tient
ce granit.