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xxx- du peu

soit  autre /   que   /   le   /    silence

ni   /    rêves   /    ni   /    ombres

cela  /    respire   /   et   /    bat

la   /    nuit   /    toute   /    simple

parsème   /  chaque   /  souffle

un   /   jardin   /    désert

delà   /   toute   /   mesure

anime déborde   /    le   /   chœur.


LX – fonds noirs – intervalles du pas

écoute l’aube d’errer sois silence

d’aller
par les routes
reconnaître       percevoir
l’immense

qui est
tout autant
de lumière
que d’ombres

es-tu
à ce pas
cette autre

lueur
dans le chant
perdu

où cela qui approche te traverse.


XLVII- fonds noirs -interstices perdus

que la voix soit ici son doute

sauras-tu jamais ceux
qui ici entrent
pour n’en plus revenir
mais vont pourtant

en silence

sauras-tu jamais ce
qui les éraille
de marcher à la proue
formes penchées

loin avant

ne cherche pas ce qui
fait naître sens
la main nue aux granits

écorchée

dans le vertige aux noirs
la phrase va
tomber comme une pierre

l’aile brûle où vont les étoiles.


III.5 sco(r/l)ie 5

à l’entaille d’écrire
il se peut qu’un silence

le silex
mis à nu

pierre et nuit
sans étoiles

passe toute parole
et sa musique brève.


fonds noirs XII

clapot de voix

tu fais pénombre
dans l’atelier
soit le silence
où tu écoutes

l’heure étrangère

sans direction –
le dehors bruit
de petits pas
vont — quoi rejoindre

au fonds mémoire

cela jamais
n’aura d’écho
ni même chant

des mains noueuses

cela s’en va
vers le jadis
au bord d’un fleuve

meuvent des halent la barque.


d’un passage XL

Rien si ce n’est un souffle

ce qui [de] vers toi oscille     [approche]
dans le creux du passage
cela ne se peut dire
ni peindre — reste à vivre

une musique pauvre   sous sa seule lumière

tu l’entends à la note
rêvée par un oiseau
blotti dans le feuillage
ou les toits du nocturne

peut-être n’est-ce qu’ombre

cela se prend aussi
aux rives de vieux fleuves
dans le clapot de l’aube

la forme du silence

puisse ton pas entrer
même toujours terrestre
à l’entier du dessin

et sa lumière noire.


fonds noirs XI

sans motifs

sous la main
le mot sable
et son grain
sans question

soit ce monde

ce qu’il peint
d’eau égale
ou furieuse
sur l’estran

le silence

et la main
qu’œuvre-t-elle
qui revient

et déferle

les jours morts
ou la vie
toute au simple

quelle absence.

 

 

 

 


d’un passage XXXVI

c’est désormais d’un faire parmi
le nocturne du monde
que ton geste s’impose
qu’importe qu’il ne soit

rien à l’orbe des soirs
rien dans l’ombre des aubes
à l’orbe des soirs rien
si ce n’est dans les sables
une eau qui s’évapore

le pas vient de paraître  disparaître
aux rivages qu’il porte
une empreinte demeure

tu sais des astres morts
la renverse des souffles
fie-toi à leur silence.


d’un passage XXXIII

le temps est venu
ferme les yeux
ne regarde pas
[ce qui]  cela se creuse

d’être le vertige
laisse le corps
revenir aux rythmes
seuls qui le fondent

rien trois fois rien
parmi le silence
sont les temps deux

d’où la voix s’insuffle          [s'élance
cherche –sa preuve
grandit de se perdre.


II. 4

Soir
sans

gris
vide

aux fenêtres s’allument des lampes

sans pourquoi
ni personne

sur le seuil se tient
un manteau de nuit

une flamme
veille vive [tremble nue
intérieure

pas même le vent

et la soif et la faim entières

le silence un pas
cela qui prends corps

un pas
en vain

par où reprend vivre

intact de très peu

pour rien
se tient
ce granit.